Mes poings sur les I

théâtre
1h15
Tout Public
+ 15 ans

10 janvier 2020 à 10h30

Gare du Nord- Pézenas

Texte et Jeu :
Soufyan Heutte
Adaptation et Mise en scène :
Virgile Simon et
Antoine Wellens
Scénographie :
Emmanuelle Debeusscher
Création lumière :
Nicolas Buisson
Administratrice de Production :
Gaëlle Mafart
Chargée de Production : 
Émilie Barthes

Production :
Primesautier Théâtre

Coproduction :
Théâtre Jean Vilar – Montpellier
Avec l’aide de la DRAC Occitanie,
la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, la ville de Montpellier et la Spedidam
Avec le soutien du Ciné-Théâtre – Saint-Chély-d’Apcher et du Kiasma – Castelnau-le-Lez. Accueil en Studio Libre – Théâtre des 13 vents CDN Montpellier.

« La vie est un jeu de cartes mais la donne du départ aura eu raison du hasard. Alors Descartes peut bien cogiter, il n’en reste pas moins que si je pense, j’existe, pour nous il est besoin de dire, je pense, j’insiste. » [1]

Mes poings sur les I nous invite à suivre la trajectoire sociale de « Kamel-la-poisse » qui, dans le quartier, a toujours su régler ses histoires à coup de poings. Un jour, son poing éclate la mauvaise mâchoire et en moins de temps qu’il n’en faut pour décocher une droite, le voilà pris dans le maelström judiciaire. Accusé, Kamel est emporté par le fleuve des préjugés où une origine, une couleur, un accent et une adresse constituent l’unique CV. Du ciment lézardé des hautes tours du quartier aux quatre murs en béton armé de la prison, toujours seul au milieu des autres, le temps est à tuer et Kamel se réfugie à l’intérieur de lui-même pour s’offrir de véritables évasions méditatives. Du banc des accusés au ban de la société, c’est aussi assis ici, sur les bancs du quartier, qu’il évalue sa propre histoire, ce qui l’a rendue possible et aujourd’hui pensable. Il cherche à comprendre comment le fait d’habiter « ici » l’a construit et amené à user de ses poings pour être respecté, à être craint pour enfin avoir la paix.Mes poings sur les I, entre anecdotes heureuses et malheureuses, souvenirs autobiographiques et réflexions sociologiques, aborde frontalement la construction identitaire de Kamel au sein de ces « quartiers » emblématiques de nos sociétés contemporaines. Ce spectacle propose de manière sensible l’exploration et le déploiement de thématiques telles que les rapports à : la famille, les autres, la pression sociale, la religion, l’hyper-virilité comme condition du respect, la ségrégation géographique. Sans misérabilisme aucun, pleine de vie et d’humour, cette langue vive, urbaine, poétique et actuelle, indissociable du quartier qui l’a vu naître, fait aujourd’hui pleinement écho au phénomène de « dé-sintégration »[2] dont souffrent certaines catégories de citoyen.ne.s.Ce texte, joué par son auteur, fait émerger une voix éloignée des statistiques, une réflexion singulière et personnelle sur les rapports tendus et parfois difficiles qui existent entre quartiers populaires et société, entre quotidien et clichés, entre fiction et réalité, entre penser et être pensé. Une tentative assumée de remettre certains « poings » sur les i…[1] Soufyan Heutte in mes poings sur les I, L’Harmattan.

[2] Formule empruntée à l’ouvrage de Marie Reverdy dont nous recommandons ici chaleureusement la lecture : Comprendre l’impact des mass-médias dans la (dé)construction identitaire, éditions Chronique Sociale.

 

http://www.primesautiertheatre.org

Frédéric Naud

Cie happés